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Pionnier, serviteur de l’État Québécois et Grand Charlevoisien 

Yvon Tremblay a porté bien haut son coin de pays Charlevoix. Par sa réussite professionnelle, par son engagement pour les municipalités régionales de comté, pour sa préoccupation en faveur d’une grande plus décentralisation vers le pouvoir local, il a été un ambassadeur sans pareil pour son St-Siméon natal et pour  toute sa région Charlevoix.

Non seulement, il a fait partie des pionniers de la Révolution Tranquille, mais encore aujourd’hui, nous vivons dans le Québec  qu’il a aidé à façonner : un Québec plus décentralisé, où les communautés locales ont leurs mots à dire sur leur développement.

 

Un pionnier de la Révolution Tranquille

Yvon Tremblay, c’est d’abord un fils de Charlevoix. Natif de Saint-Siméon et issu d’une famille modeste, il a quitté très jeune son village pour aller étudier au Séminaire de Chicoutimi, où il a réussi à faire sa marque.

C’est à son arrivée à Montréal au début des années 60, que ce jeune Charlevoisien va prendre son envol sur fond de Révolution Tranquille. C’est là qu’il va développer son goût pour un Québec en chemin vers la modernité.

Il s’implique notamment comme un des leaders de l’Association générale des étudiants de l’Université de Montréal (AGÉUM), qui est alors engagé dans une lutte pour la démocratisation de l’Université et plus largement de l’Éducation Supérieure.

Monsieur Tremblay obtient son diplôme de Philosophie et Relations industrielles de l’Université de Montréal. Il commence sa carrière à la Chambre de Commerce de Montréal et part ensuite pour la France où il obtient un diplôme avec mention de l’École Nationale d’Administration (ÉNA) à Paris. C’est en France surtout qu’il découvre son goût pour l’aménagement du territoire et pour les grands enjeux du développement d’une administration publique moderne.

De retour au Québec, il devient Secrétaire général du Conseil d’Orientation Économique du Québec, au moment où l’organisme  participe aux discussions qui vont mener à la création de la Caisse de dépôt du Québec en 1966.

Par la suite, il se voit confier le mandat de Président de la Commission de développement de Montréal (responsable pour le Québec de l’aménagement de l’aéroport international de Mirabel). À l’époque, le gouvernement fédéral préfère le site de Vaudreuil-Dorion ou les Basses-Laurentides, alors que le gouvernement provincial préfère la ville de Drummondville. Au milieu d’âpres discussions, Yvon Tremblay aide à organiser et orchestrer les décisions administratives sur le choix de Mirabel dans le but de tirer profit au maximum des effets économiques de l’aéroport.

 

Le Serviteur de l’État et la construction de l’État

Plus tard comme Directeur du Bureau du Plan et sous ministre adjoint au ministère des Affaires Municipales, il participe à l’élaboration et à la création des trois communautés urbaines : celle de Montréal, Québec et Gatineau.

Il se joint par la suite à l’Office de planification et de développement du Québec (l’OPDQ). Sous la direction de l’Honorable Arthur Tremblay, il va coordonner la réalisation de missions de planification régionale dans plusieurs régions et aussi dans certaines zones spéciales (Sept-Îles, Trois-Rivières, Québec, etc.). Il va aider à jeter les bases d’un cadre de référence pour les décisions et les interventions gouvernementales ayant une incidence sur le développement et l’aménagement de chaque région.

C’est dans ce contexte qu’il s’implique dans la Mission Charlevoix qui a donné naissance à toute une série de projets : le Massif, le Mont-Grand-Fond, le Domaine Forget, le Centre d’art, le Musée Laure Conan à La Malbaie, en plus d’amener des réformes dans le domaine agricole, et forestier. Autant de projets porteurs qui ont contribué à bâtir le Charlevoix qu’on connaît encore aujourd’hui.

En juillet 1975, ce serviteur de l’État va rejoindre comme sous-ministre, Jean Cournoyer qui, à l’occasion d’un remaniement ministériel,  est nommé ministre des Richesses naturelles du Québec. Ce ministère est au cœur de développement économique du Québec. Ce ministère est responsable de l’énergie, des mines et ressources naturelles du Québec, d’Hydro-Québec, de la Société québécoise d’exploration minière, de la Société québécoise d’initiatives pétrolières, et de la Société de développement de la baie James.

Yvon Tremblay va demeurer à ce poste même après le changement de gouvernement en 1976. Il peut pleinement y exprimer ses capacités de gestionnaire et de planificateur. Trois grandes politiques vont voir le jour dans son  giron : une des Mines, une de l’Énergie et une dernière de l’Eau.

 

L’aménagement d’un Québec moderne

René Lévesque lui va offrir un nouveau défi: devenir Secrétaire Général Associé à l’Aménagement et à la Décentralisation  pour instaurer une réforme majeure : la création des Municipalités Régionales de Comté (les MRCs). Comme il l’explique lui-même, c’est lui qui a demandé au Premier Ministre d’ajouter le mot « Décentralisation » à son titre.

Comme Secrétaire général associé, Yvon Tremblay va jeter les bases de l’aménagement du territoire que l’on connaît aujourd’hui. Si Jacques Léonard est le père de ce qu’on appelle la loi 125, Yvon Tremblay en est l’architecte.

Devant une commission parlementaire, il explique son leitmotiv : « À mon avis, sur le plan économique, le dynamisme se retrouve très souvent au niveau local, au niveau régional. En particulier, la PME vient ou se situe à ces niveaux, plutôt qu’au niveau du gouvernement du Québec. »

Entre 1979 et 1982, la loi 125 sur l’aménagement du territoire va amener le Québec habité à se quadriller en 95 petites régions « MRC » en basant le découpage sur le sentiment d’appartenance de la population ainsi que les traditions de coopération inter-municipale. Les conseils des MRC, composés des maires des municipalités, ont alors reçu pour premier mandat la confection d’un schéma d’aménagement de leur territoire commun. La nouvelle loi  va conduire rapidement à déterminer les grandes orientations d’affectation du sol québécois.

Par la suite, Yvon Tremblay est nommé sous-ministre des Communications. Il participe ainsi aux négociations qui vont amener le Consortium Québec-Canada à se joindre à TV5 Europe. C’est aussi sous son impulsion que le Cefrio, le Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations, à l’aide des technologies de l’information et de la communication, a été créé permettant ainsi de réaliser plus de 450 projets d’une valeur totale de 64 millions de dollars.

Il va devenir conseiller spécial du Secrétaire général du Gouvernement du Québec, et Directeur adjoint de l’Institut de l’Énergie et de l’Environnement des pays de la Francophonie, avant de prendre sa retraite de la fonction publique québécoise.

 

Une retraite active

Même dans sa retraite, l’avenir de l’État va rester une préoccupation de tous les jours pour Yvon Tremblay. Il va fonder l’Observatoire du Québec avec d’autres anciens serviteurs publics et des professeurs d’université qui sont profondément convaincus de l’urgence de créer un organisme permanent de réflexion sur les grands enjeux du développement de la société québécoise. L’Observatoire va accoucher de plusieurs rapports de réflexion sur l’avenir du Québec.

Yvon Tremblay a reçu, le 18 février 2014, la Médaille de l’Assemblée Nationale. Celle-ci est décernée à des personnalités de différents horizons qui, par leur carrière, leurs travaux ou leur engagement, méritent la reconnaissance de l’ensemble des membres de l’Assemblée nationale et de la société québécoise.

Au cours de ses dernières années, Yvon Tremblay a consacré beaucoup de temps à la lecture et à l’écriture.